Masquieres : les Chroniques

L'actualité de la vie à Masquières (Lot et Garonne)

- Le projet de méthanisation de BioVilleneuvois

LE PROJET DE METHANISATION

Les conseillers municipaux de Masquières ont été dernièrement destinataires d’un document, transmis par la secrétaire de mairie, document qui s’intitule : EPANDAGE AGRICOLE FONROCHE III-1.

 Ce document est le résultat de l’enquête publique menée dans le cadre du projet de méthanisation de l’usine Fonroche de Villeneuve sur Lot.

 Merci à la mairie d’avoir transmis ce document, mais…..

 Il arrive un peu tard car il aurait été intéressant d’informer les conseillers municipaux avant l’enquête publique qui s’est déroulée l’été dernier.

Nul n’est censé ignorer la loi, c’est vrai et les affichages et publications ont été faits dans les règles, mais….

 

Ce projet va impacter directement Masquières et on aurait bien aimé en discuter en conseil et procéder à un vote comme beaucoup de communes l’ont fait. Cela s’est fait à Tournon et a mobilisé la population, nous verrons cela plus loin.

 

Pour commencer, et sans trop s’étendre, un peu d’explications techniques. La méthanisation est un procédé industriel de fermentation anaérobie (en absence d’oxygène), visant à obtenir d’une part du gaz méthane et d’autre part de la production électrique, à partir du traitement d’un certain nombre de déchets organiques divers et variés (déchets ménagers, agricoles, de station d’épuration,…).

 

Voici à quoi ressemble un process de méthanisation tel qu’il est dessiné par Fonroche :


 Méthanisation Fonroche

Dans le contexte actuel de réduction des énergies fossiles, ce procédé parait à première vue fort intéressant. Il valorise les déchets, fournit de l’énergie et permet d’économiser de l’énergie fossile.

 

Alors, pourquoi un certain nombre de citoyens ou d’élus ont émis de vives réserves ?

Ces réserves concernent pour l’essentiel « l’après production ». Le résultat du procédé est marqué numéro 6 dans le schéma ci-dessus, sous le doux vocable de « Valorisation du digestat ».

Le digestat c’est ce qui reste au final, un résidus humique (qui a rapport avec l’humus) dont la vocation est de servir de fertilisant agricole.

 L’objet de l’enquête publique, tel que son titre l’indique, est justement cet épandage agricole. Il faut commencer par stocker le digestat, puis l’amener sur les lieux d’épandage. Un « plan d’épandage » a donc été conçu et porté par la préfecture du Lot et Garonne. L’usine étant sur Villeneuve, l’épandage concernera 45 communes, jusqu’à Masquières, Thézac ou Courbiac.

La construction d’un silo de stockage sur la commune de Tournon d’Agenais a déjà provoqué moult débats et réunions, et une association de riverains a même été constituée.

 Si nous revenons à Masquières et aux réponses qui ont été faites par le maître d’ouvrage aux questions de l’enquête, que peut-on lire ?

 Pages 77 et 78 du document, Mr Elson de Cazideroque pose un certain nombre de questions légitimes, par exemple :

-        qui va financer l’entretien des voies communales, compte tenu de l’importance du trafic routier généré

-        il parle d’un « silo » de stockage à Masquières

-        il relève qu’aucun bassin de rétention du stockage de Tournon ,n’est prévu, alors que le Boudouyssou coule à 500m de là,

-        etc…

Sur le registre de Masquières, on trouve également les remarques de Mr Madelpuech de Cazideroque qui évoque de nouveau un silo à Masquières.

 Les réponses du maître d’ouvrage sont très techniques et très « bisounours ». Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et on vous garantit que tout sera testé, analysé, contrôlé !

 Le dossier consacré dernièrement par nos amis de la Feuille à ce sujet, révèle que tout n’est pas si clair. La qualité du digestat épandu est totalement fonction des intrants dans le système et mettre dans le digesteur des intrants non agricoles a pour conséquence d’introduire, par exemple, des métaux lourds dans ce qui sera épandu.

La Feuille note également que Fonroche Biogaz, à l’origine de Biovilleneuvois (ça fait un peu « greenwashing », non ??), est passée de 11 à 3 salariés et affiche un résultat de -2,9M€. Pas très rassurant, non ?

Enfin ils se font l’écho de dysfonctionnements survenus sur des installations de ce type dans d’autres pays européens ; explosions, incendies, pollutions,…

 

On veut bien croire à toutes les belles promesses des promoteurs de ce projet, mais alors pourquoi ce sentiment d’opacité, de non communication ? Pourquoi aucune discussion en conseil municipal ?

Est-ce parce que 55ha de terres agricoles vont être épandues sur Masquières, soit 1394 m3 de digestat ou 56 rotations de camions par an (Comme l’indique le maître d’ouvrage, page 100 du document) ?

Qui va épandre ? Le maire semble être partie prenante dans le projet.

Où vont circuler les camions ? Sur quels chemins ? Quels terrains seront épandus ? A quelle période ? Quels risques de pollution pour les cours d’eau en aval des terrains épandus (Question de Mr Angelys de Masquières sur le registre) ?

Les promoteurs du projet annonce une réduction des intrants chimiques, remplacés par l’épandage du digestat. Est-ce vrai ? Comment mesure-t-on cette réduction ?

Toutes ces questions auraient mérité mieux qu’un balayage du revers de la main lors de l’avant dernier conseil municipal.

 

Un maire soucieux de l’information des citoyens aurait, nous le pensons, organisé une réunion sur le sujet et, soyons fous, une réunion publique pour l’explication du projet, de l’impact sur la commune, etc…

 

Nous ne désespérons pas que cela se produise, il est juste un peu trop tard.


 

Christine Bouyssou, Jean Luc Avequin, Patrick Beaumier, André Bouyssou

 

 

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