Masquieres : les Chroniques

L'actualité de la vie à Masquières (Lot et Garonne)

La Vergnote, notre ENS

Classé dans : Vergnote — 14 novembre 2014 @ 21 h 05 min

C’est par ce titre que je donnerai régulièrement des nouvelles du projet d’ENS de la Vergnote.

ENS ? Non, il ne s’agit pas d’éducation nationale, mais d’Espace Naturel Sensible.

Un peu de géographie pour commencer :

- le vallon de la Vergnote, au sud de Masquières, commence grosso modo au pied de la ferme de Mr Gary à Montberou et se termine aprés le lac de l’ASA à Lartel, vers Courbiac. Les altitudes sur le haut des coteaux qui l’entourent sont comprises entre 230 et 260m (point culminant ! des Faures). L’altitude du vallon va de 245 à 190m.

- la Vergnote qui circule dans le vallon, prend sa source à l’extrémité est du vallon. C’est un cours d’eau alimenté par le système karstique des plateaux calcaires environnants, jamais à sec (il faudra quand même que je m’en assure auprès des anciens). Elle a longtemps était captée pour alimenter Saux en eau.

- la Vergnote est un affluent du Boudouyssou. Son lit (1,2 kms) est formé de concrétions tufeuses dues à une forte concentration en carbonates.

C’est un espace naturel riche où s’entremêlent patrimoine naturel, hydrogéologie remarquable et histoire de l’occupation humaine.

Un peu d’histoire pour continuer :

Au début du 20° siècle l’exode rural, les guerres ont engendré un déclin démographique important à Masquières. Le village qui comptait 439 habitants en 1876 n’en compte plus que 295 en 1911. il n’en comptera plus que 96 en 1975, mais la pente remonte !

Jusqu’au 20° siècle, le vallon accueille une activité de polyculture-élevage. On y trouve des vignes, du pâturage et la culture du blé qui alimente les moulins de Pilate et de Lartel.

Les traces de la présence humaine sont importantes : faible taille des parcelles (en zone humide, 40% des parcelles ont une taille inférieure à 10 ares), murets et gariote (abri dans un muret de pierres sèches), lavoirs, réseau de chemins existant déjà sur les cartes napoléoniennes.

L’intérêt pour ce vallon se traduit clairement au travers du lieu-dit « Fonsantus » (Founsantus au 19° siècle) où se trouve la source de la Vergnote : « Fonsa » désigne un bas-fond humide et associé à « Santus » se traduit par « Sainte Source ».

A la fin du 18° siècle, l’activité agricole se cantonne à la production de céréales, même sur les parcelles les plus compliquées à travailler. L’élevage arrivera plus tard.

Dans la seconde moitié du 20° siècle, l’activité paysanne décline dans le vallon, du à une topographie peu adéquate pour une agriculture mécanisée.

Dès l’époque napoléonienne, un réseau de chemins sillonne le vallon (chemin de Tournon à Faures, chemin du moulin de Pilate), certains sont encore utilisés, d’autres se sont perdus.

Aujourd’hui, le taillis domine largement dans le vallon, mais exclusivement sur les versants. Les prés sont dominants autour de la zone humide. Autour du vallon, on trouve une activité essentiellement agricole, autour des céréales, de la vigne et des prairies.

Un soupçon de géologie et d’hydrographie pour clore ce premier chapitre :

La structure géologique des bassins versants et du vallon est composée de roches calcaires. En cas de pluie, il n’y a pas ou très peu d’écoulement de surface et les eaux se retrouvent rapidement à la source de la Vergnote.

Il faut comparer le système karstique à une grosse éponge. Quand elle est saturée, l’eau s’écoule assez rapidement à travers « les trous ». Quand il ne pleut plus, elle continue à restituer ce qui est stocké.

A l’origine (1820), le ruisseau longeait le coteau des Faures. Le captage de la source a modifié le cours du ruisseau. Il n’y a plus de captage de la source depuis 2007 pour un usage d’eau potable.

C’est une eau particulièrement dure qui coule à la source (27 mg/L en 2006) et le taux de nitrate dépasse souvent la limite règlementaire de 50 mg/L.

Le site du vallon de la Vergnote bénéficie d’un climat que les spécialistes appellent « sub-atlantique à influence méditerranéenne » (ouf !). La pluviométrie est plutôt bien répartie avec un pic en mai (74,8mm en moyenne) et un cumul moyen de précipitations de 698,6mm (ne vous fiez pas aux deux dernières années..).

Les températures moyennes mensuelles varient de 5,7°C en janvier à 21,6°C en juillet.

Toutes ces informations sont issues du travail effectué par le CPIE de Villeneuve dans le cadre d’un plan de gestion du vallon comme Espace Naturel Sensible.

Dans le prochain épisode, je vous raconterai comment ce site unique est devenu un ENS !

 

3 commentaires »

  1. Nicole dit :

    Merci pour votre article. J ‘ai appris des choses. Je suis ravie que notre vallon soit protégé.
    La Vergnote fait partie de mon enfance. Souvenirs de la pêche aux écrevisses avec mon frère et les cousins tout en surveillant les vaches au pré! La friture de gougeons pêchés par mon père…..

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