Masquieres : les Chroniques

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Barrage du Testet

Classé dans : Environnement — 17 septembre 2014 @ 9 h 15 min

Testet

Le projet de « retenue SIVENS » se situe dans le Nord-Ouest du Tarn (commune de Lisle sur Tarn, 10 km environ de Gaillac), sur la partie sauvage et préservée de la rivière Tescou.

Le barrage serait construit le long de la forêt de Sivens, en aval du lieu-dit de Barat, sur des Espaces Boisés Classés (EBC) et dans la zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). 29 ha, soit 60% de l’emprise d’acquisition de la retenue (48 ha), sont boisés (friches, peupleraies, vergers de résineux, taillis…).

Il ennoierait la zone humide du Testet, dernière zone humide d’importance du bassin versant du Tescou, qualifiée par la DREAL comme faisant « partie des zones humides majeures du département du point de vue de la biodiversité ».

D’une capacité établie à 1,5 Millions de m3, ses mesures approximatives seraient : 1,5 Km de longueur, 230 m de large, 48 ha de surface d’emprise du projet, environ 4 m de profondeur à plein. La hauteur du mur au-dessus du terrain naturel serait de 12,8 m.

Sur le bassin versant existent déjà, 185 retenues collinaires stockant 5,1 Millions de m3 et interceptant 1/3 des cours d’eau rejoignant le Tescou, sans compter les interruptions, les trous dans le Tescou pour pompage et les seuils qui stoppent l’eau (sur 1 km au pont de Mongaillard) : l’amont n’a aucun souci de l’aval.

 Ce projet, datant d’environ 40 ans, est porté par le Conseil Général du Tarn, maître d’ouvrage, et par son maître d’ouvrage délégué, la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG).

Le soutien au débit d’étiage du Tescou est l’objectif prétendu d’intérêt général :

• 30 % du volume de la retenue pour le soutien au débit d’étiage (pour la dilution des pollutions).

• Le reste, 70 %, est destiné à l’irrigation de 309 ha.

Le projet serait financé à 100 % par des fonds publics (8 400 000 €HT pour l’investissement). Les financeurs prévus sont le maître d’ouvrage (le Conseil Général du Tarn pour 10%, le CG de Tarn-et-Garonne 10% également), l’Agence de l’Eau Adour-Garonne (50%) et l’Europe (30% via les fonds FEADER).

Ce projet de barrage de Sivens est inacceptable pour de multiples raisons :

Il découle d’un conflit d’intérêts flagrant de la CACG qui a obtenu ce contrat juteux après avoir eu le monopole des études qui justifient le projet.

Il repose sur des études manipulées, sur une norme réglementaire fixée par la CACG elle-même, toutes choses que nous avons découvertes en 2013 dans le rapport de la CACG (2001) que le Conseil Général (CG 81) et la Préfecture ont refusé de communiquer depuis 2011.

Le processus d’élaboration du projet est un déni de démocratie : nulle concertation des associations de protection de l’environnent et des milieux aquatiques, avis défavorables cachés durant l’enquête publique, refus du CG 81 et de la Préfète de débattre en public et même de répondre à nos questions… La Préfète n’a pas suivi les avis des scientifiques, des experts nationaux, de la Commission d’enquêtes publiques, de la Fédération de Pêche et des milieux aquatiques, des services de l’Etat chargés de l’eau (ONEMA)…

Ce serait un gouffre pour l’argent public avec un investissement annoncé de 8.4M € uniquement  sur fonds publics et un coût de fonctionnement de l’ordre de 360 000 €/an pendant 20 ans. Alors qu’il s’apprête à sacrifier une « zone humide majeure du département du point de vue de la biodiversité », le CG 81 refuse toujours de dire combien les irrigants paieront le m3 d’eau. Sur la base du barrage de Thérondel (82), ce serait maximum 50 €/an/ha (pour 2400 m3) soit une facturation de maximum 16000 €/an. C’est donc le contribuable qui paierait 95 % du coût de fonctionnement…

Il encouragerait la poursuite d’un modèle agricole productiviste défendu par la FNSEA depuis des décennies et qui est un échec total pour l’emploi, la santé (des paysans et des consommateurs), l’environnement, les finances publiques, etc… Sur le parcours du Tescou concerné par le barrage, il n’y a qu’une vingtaine d’irrigants aujourd’hui. C’est donc un investissement public d’environ 200 000 € par irrigant que le CG81 s’apprête à réaliser et sans aucune contrepartie sociale et environnementale ! Tout comme la Confédération Paysanne, nous réclamons que l’argent public bénéficie équitablement à tous les paysans et sur la base d’une agriculture paysanne agro-écologique.

Le projet sacrifierait la dernière zone humide importante du bassin du Tescou qui abrite au moins 94 espèces animales protégées et 353 espèces de plantes vasculaires. La compensation environnementale prévue à travers notamment la réhabilitation de 9 petites zones humides éparpillées sur le bassin n’est pas acceptée par les scientifiques et experts consultés lors de la procédure.

Ce projet est donc en complète contradiction avec les beaux discours du Conseil Général, de l’Agence de l’Eau et du gouvernement.

Comme de nombreux élus et de nombreuses associations, soutenez les opposants au barrage en signant la pétition à ce lien :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Appel_pour_un_gel_du_projet_de_barrage_de_Sivens_et_pour_des_analyses_independantes/

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